Le poulailler purgé...
Ca fait encore un peu mal d'en parler, c'est un peu comme entériner l'acte. Voilà, c'est chose faite, nous nous sommes séparés, non sans chagrin, de deux de nos coqs nains. Ce fut un peu compliqué. Nous avons tardé à nous décider, y sommes un peu allés à reculons. Mais nous avons fini par passer une annonce. Pour responsabiliser le repreneur, nous avons mis les coqs en vente pour l'euro symbolique. Beaucoup de visiteurs sur le site, mais aucun contact. Nous nous sommes alors tournés vers celui qui nous avait vendu les poussins. Oui celui-là même qui prétendait reconnaitre les sexes (pas à coup sûr se défendait-il) et qui a détecté les trois poules qui se sont transformées en coqs. En fait, il peut continuer la même méthode, mais en l'interprétant à l'envers. Contrairement à ce qu'il avait prétendu lors de l'achat des poussins, il n'a plus parlé de reprendre nos coqs. Il nous a mis en contact avec une personne intéressée. Sauf que cette personne habite loin de chez nous. Elle acceptait de venir les chercher si nous faisions chacun l'effort de faire une partie du trajet l'un vers l'autre. Pourquoi pas si ça avait été à mi-chemin. Mais notre trajet s'avérait être bien plus long que le sien. En désespoir de cause, nous avons passé une nouvelle annonce en donnant nos coqs, cette fois-ci. Avec un peu de précipitation, nous avons accepté la première offre qui s'est présentée, pour une reprise des deux coqs. Par la suite, nous avons eu d'autres contacts, mais trop tard. L'affaire était faite.
Nous avons aussi eu du mal à choisir lequel des trois nous allions conserver. Nous avons laissé parler la raison et gardé le plus discret des trois, soit un des deux marrons.
Quand les futurs adopteurs sont venus chercher les coqs, nous avions déjà le cœur un peu serré. Au vu de leur comportement, nous nous sommes posé des questions sur ce qu'ils comptaient en faire. C'est donc avec beaucoup d'appréhension que nous les leur avons laissés. Mais comment faire machine arrière à ce moment-là. Bien que les volatiles soient habitués à notre contact, ce fut un peu épique pour les attraper. La première fois, il a été facile de les mettre dans la caisse de transport, mais quand par mégarde ils en sont ressortis, ce fut plus dur de les y remettre. Comme s'ils avaient compris entre temps qu'il y avait péril en la demeure. Quand la poule a senti que l'on s'en prenait à son male attitré, elle s'est mise à chanter comme une poule. C'était la première fois que nous l'entendions et nous ne l'avons pas réentendue depuis. Vivement qu'elle ait l'âge de pondre pour l'entendre chanter à nouveau. C'est plus mélodieux et plus utile que le chant du coq. Même si avec une seule poule, naine de surcroit, ça ne va pas rapporter si gros que ça ;-)
Nous voici donc avec un couple qui n'est plus celui qui s'était formé d'entrée, mais qui est bien assorti tout de même.
Ce coq qui était discret quand il y avait les deux autres, comme nous nous en doutions, a rapidement accepté son rôle de male. Il chante tous les matins dés 5h30. Il n'a pas un chant très puissant. Et vu qu'il est tout seul maintenant, les chants durent moins longtemps. J'ai essayé de le prendre en photo en train de chanter (pas à 5h30 rassurez-vous), pas facile du tout:
Quant à la poulette, qui était sous l'emprise du gros coq noir dominant, même si sur le coup elle s'est trouvée un peu déboussolée, elle vaque dorénavant librement à ses occupations de poule. Elle donne même l'impression de s'être étoffée. L'amour chez les volailles n'a pas l'air de faire long feu...loin des yeux loin du cœur.
Il y a bien moins d'animation au poulailler maintenant. Ces deux-là aiment toujours se laisser caresser mais sans trop, manger du riz, picorer en liberté hors de la cage (même s'ils ne s'en éloignent que très peu)...et rentrer docilement dans leur poulailler quand la récréation est finie
J'arrive un peu à oublier les deux autres laissés à leur sort incertain. J'ai tout de même un gros pincement au cœur au moment où j'écris cet article. C'est fou comme on arrive à s'attacher à des animaux qu'on est sensé manger quand on les élève à la ferme. Heureusement que pour ces deux-là au moins ce n'est pas le cas...







